Fièvre horlogère

Heureux celui qui ne connaît pas la fièvre horlogère – pandémie solitaire à dominante masculine et urbaine – car plus jamais il ne connaîtra le répit.

Les jours ne mobiliseront pas son esprit pour fouiner et se repérer à travers les calibres, chasser les documents incontestables et autres annales plus suspectes, mais qui enrichissent les légendes. Ses nuits ne seront pas tourmentées par des rêves où dansent des icônes aux charmes indicibles : pureté d’un cadran, raffinement d’une grande date, design d’une trotteuse bleuie à la flamme, génie d’un mécanisme, boucle d’un bracelet… Un cauchemar qui rejoint le mythe de Sisyphe  ou les enfers de Don Juan ; Saint Augustin l’avait pourtant averti que le temps appartenait à Dieu seul !

Même le réconfort éphémère d’un horloger qui vous fait découvrir ses belles ne convoque finalement qu’une convalescence fugitive tel un placebo inutile.

Mais une fois encore, banalement, le plaisir était dans la quête, dans l’image du désir et non dans la possession.

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