David Diagne – tailleur (1)

Quelques mots pour partager, modestement, une expérience avec un tailleur, en 2010 …

David Diagne, une quarantaine établie, au parcours singulier : la faculté de sociologie de Toulouse le mènera, après un virage en épingle (?) vers la couture dont deux ans chez Lanvin. Atypique et passionné, la tradition de coupe de Ladevèze-Darroux est bien digérée et il se présente, redoutable modeste, comme la main armée de vos désirs !

Les miens étaient simples, je voulais goûter à la mesure, ni la petite ni la grande, mais l’authentique. Le cahier des charges élémentaires : un costume pour vivre au quotidien, une seconde peau montée comme une armure protectrice qui laisse le mouvement libre.

Plus formellement, je ne souhaitais pas de tissu luxueux qui se remarque (une laine de 350gr, bleue marine à chevrons imperceptibles fera ainsi l’affaire), mais j’aspirais à une coupe irrépréhensible sinon impeccable ; la ligne de mire étant Salvator Dali : ne craignez pas d’atteindre la perfection, vous n’y arriverez jamais ! David était prévenu, le jeu l’amusa.

Avant de plonger, j’avais rendu visite à quelques tailleurs pour voir, humer, tâter et papoter chiffons. Tous ont les mêmes liasses des mêmes drapiers, certains ont des marques de fabrique voire des marottes plus ou moins heureuses, mais discuter je veux dire avoir un échange, fut parfois rude, chaotique. Entre le péroreur qui bave sur ses confrères et l’indigent du verbe, ce fut un enchantement de surprendre l’espièglerie de David Diagne.

Les choses sérieuses commencèrent fin mars : choix du tissu (réglé en moins de 10 minutes) et de la coupe (classique 2 boutons, 3 poches à rabat). Le gros morceau, ce fut la prise de mesure pendant une bonne heure, bien gonflée. Ce fut un exercice aussi périlleux que chez le chemisier, car le mètre-ruban ne fait aucun cadeau et révèle toutes les imperfections héréditaires et autres accidents disgracieux ; une épaule plus haute ou plus courte que l’autre, un côté plus fort que l’autre, … donc une séance éprouvante, mais riche pour l’estime de soi… le tailleur est alors entre le psy lacanien et la mère bienveillante… pffftt !!

Quelques huit semaines plus tard, à la mi-mai donc, essayage sur toile-tailleur pendant 1heure 30 pour reprendre des mesures et surtout établir des équilibres fondamentaux.

De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent disait Coluche.

Alors, place à quelques images… et la suite un peu plus tard, si vous le souhaitez !

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