Envie de pompes !

Les endorphines estivales s’émoussant, la sollicitation perfide des blogs rehaussés d’images idéales réveille la quête impérissable du soulier ultime, celui de la jubilation souveraine, de la liesse éternelle. La pupille du calcéophile se dilate et s’expose à un strabisme formellement divergent, entre la gourmandise compulsive du sale gosse et la privation consentie, humblement.

Foster & Sons

La résolution passagère, le temps de ce billet, prétend prôner sinon l’abstinence au moins la tempérance ; halte à la gloutonnerie de trépointes, halte à la convoitise de cambrures flatteuses, halte à la vanité d’une patine bruyante ! La fustigation, même passagère, n’étant pas admise, nous recalerons immédiatement espadrilles, sandales ou autres groles folkloriques.

crédit photo : Corthay

Une sélection radicale s’impose pour éloigner le syndrome irrépressible d’une inclination échevelée. Donc pas de tour de passe-passe, faussement habile, qui prétendrait incontournable :

  • un richelieu noir basique,
  • un richelieu brun tout aussi indispensable, ne serait-ce qu’au nom d’une alternance précautionneuse,
  • un richelieu bordeaux, pour affronter une pluviométrie annoncée, et qui devrait trouver sa doublure sous la forme d’un monk bi-bouclé,
  • une bottine désuète mais néanmoins bi-matière et boutonnée faisant office de gâterie proustienne,
  • un derby en veau velours pour côtoyer les teintes automnales,
  • une paire ou deux de chukka pour rompre l’uniformité des vendredis décontractés.

La raison pure s’efforcera de réduire les combinaisons exponentielles d’empeigne lisse et de bout fleuri, de matières, de grains et de teintes pour rester dans un dépassement budgétaire coutumier.

Gaziano & Girling

Un sybaritisme opportun chassera toute excentricité rustre pour concentrer la jouissance sur un seul soulier lumineux qui maniera, plutôt qu’une kyrielle haletante d’attributs, l’oxymore : simplicité magistrale du raffinement bottier, rigueur de la beauté, austérité voluptueuse de l’harmonie.

Je recherche toujours ce pur soulier……Un jour, je l’aurai, je l’aurai.

crédit photo : Lobb – http://stepsandstyle.tumblr.com
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Commentaires

  1. Merci pour ce post, si joliment illustré (la tentation faite soulier) ! J’ai bien fait de ne pas sortir ce soir, car une oisiveté surfeuse m’a permis de découvrir par hasard ce blog qui ne peut que séduire les amateurs lucides des merveilles d’artisanat qui naissent de notre goût pour le luxe, toujours superficiel, jamais satisfait. Je partage ici un lien vers un autre post, vieux d’un an environ, qui encourage lui aussi, à sa manière, une forme de tempérance : la patine demande du temps, et la beauté des souliers neufs manque d’âme… Bonne lecture : http://www.meselegances.com/2014/05/20/de-la-patine-et-du-temps/

    1. Merci pour vos mots si aimables et le lien vers la belle patine de ce montpellier qui est toujours au catalogue de green, mais en mto.
      Bravo pour vos articles que je lis toujours avec plaisir.