David Diagne – tailleur (2)

3 semaines plus tard, le travail du plastron est quasi terminé. La chose est là, sur la table de coupe, mais n’a ni manche, ni poche, ni garniture intérieure, la longueur n’est pas définie… ça ne ressemble pas à grand-chose, mais vous commencez à l’apprivoiser. Une infime imagination suffit à deviner ou lui accorder un certain potentiel… un fœtus de veste en quelque sorte !

L’intérieur de la chose, dont je n’ai malheureusement pas de photo, révèle le plastron avec ses centaines de points faits à la main. Ce travail de mise sur toile, de tension des fils est essentiel pour le galbe de la poitrine, mais aussi pour le roulé des revers : fondation et cœur de la veste qui montrent le talent du tailleur.

En fait, la chose est composée de trois morceaux de tissu (un demi avant-droit, un demi avant-gauche et un dos constitué également de deux parties) qui tentent de se familiariser avec des épaules, un torse, des hanches… pour que cela ressemble in fine à une veste.

Mais avant la veste, tout va encore bouger pour trouver l’équilibre sinon parfait au moins idéal. En effet, deux écoles s’affrontent confraternellement : priorité à la ligne du vêtement ou priorité au corps avec ses forces et faiblesses (ses risques et opportunités ? là, je m’égare !). J’ai choisi le second camp, plus naturel me semble-t-il, mais qui impose essayage long de plus d’une 1h30 pour cette séance. Les épaules seront également naturelles donc sans rembourrage ou épaulette, no padding.

Il faut bien avoir en tête que les mesures sont prises à plat (sur un plan euclidien à deux dimensions) et que les corps sont en général en 3 D. Donc, les mises au point se font par tâtonnement, essais successifs et itératifs, …

Patience, patience et patience, les trois secrets de la mesure !!!

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Commentaires

  1. Bon, je n’ai pas mis 5 parce que la perfection ne s’atteint pas, mais le coeur y est. L’aspect « expérience client » est très intéressant.