Visite parisienne de Mary Frittolini

Dans les bagages de Mary Frittolini, au-delà de son talent, elle devrait avoir quelques jolies surprises !

Comme en cuisine, la matière première concourt à la fête. Elle est même essentielle et se dénomme génériquement étoffe. Le béotien l’appelle tissu. Le curieux apprend que la fibre la plus usuelle est végétale, offerte par l’arbrisseau cotonnier : gossypium ; n’oublions toutefois pas le lin. Le connaisseur distingue le twill du chevron, identifie aisément le fil-à-fil et l’oxford, ou ne jure que par la popeline.

Si les éléments de langage du cyberboutiquier font appel au double retors (la torsion simultanée de deux fils élémentaires permettant l’obtention d’un fil définitif optimum) et au titrage (autrement dit, la finesse du fil ; plus la fibre naturelle est longue et plus le tissu sera fin), faites confiance à votre jugement, aiguisez vos sens ! Serait-il iconoclaste de suggérer de fermer les yeux pour choisir le tissu de sa prochaine chemise ? Plus sagement, regardez, touchez, et pour les voluptueux audacieux, écoutez et humez le plus de tissus possible pour apprendre et pour le plaisir !

Pour prolonger la métaphore culinaire, Mary devrait proposer, à la carte, des tisseurs à la belle production, à faire perdre la raison à plus d’un amateur.

C’est avec bonheur que j’ai déjà dégusté la production de Grandi & Rubinelli (région du Piémont au nord-ouest de l’Italie) et celle de DJA, acronyme de David & John Anderson (un Sea Island d’une grande finesse et douceur).

Le dessert ultime viendrait du tisseur artisanal lombard Bonfanti qui reste, un des seuls, avec Carlo Riva, à travailler sur des métiers à tisser surannés, en bois. La lenteur du tissage et sa largeur en 90 cm vs 150 cm pour les productions modernes, assureraient, outre la moindre tension du fil, une qualité inégalable de soyeux, de richesse et profondeur des couleurs. Il faut une bonne heure pour produire 2 mètres de tissu !

J’ai déjà réservé une table pour un déjeuner et retrouver le Chef qui sait respecter le tissu. Le restaurant éphémère se situe au 32, rue de Buci, au cœur de Saint-Germain ; il ne sera ouvert que du 30 mars au 3 avril. Mieux vaut réserver sa table pour un meilleur service maryfrittolini@libero.it !

Le café m’a toujours été servi avec des mignardises délicates de simplicité ; une autre attention exquise du Chef qui accueille quelques boutons de nacre ou baleines complémentaires

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