glaçage-thérapie

Aiguiser sa sérénité par la glaçage-thérapie, voici la promesse salutaire qui menace si vous osez suivre cet effet d’annonce, sans garantie absolue, mais incontestablement aussi bénéfique que la préparation d’un risotto aux pointes d’asperge ou l’apprentissage d’un kata ancestral d’iaido.

Par commodité, l’illusion pédagogique s’accoudera paresseusement sur le vade-mecum anglo-saxon des 5 W, propres aux consultants méthodiques ou branques !

Envie de pompes !

Les endorphines estivales s’émoussant, la sollicitation perfide des blogs rehaussés d’images idéales réveille la quête impérissable du soulier ultime, celui de la jubilation souveraine, de la liesse éternelle. La pupille du calcéophile se dilate et s’expose à un strabisme formellement divergent, entre la gourmandise compulsive du sale gosse et la privation consentie, humblement. La résolution…

Tourments calcéophiles !

Le vestiaire gorgé de souliers (lacets noués ou boucles serrées, doyens ou plus récemment invités à partager l’alignement, tous étaient scrupuleusement cirés, les plus éclatants revendiquant un récent glaçage dominical du bout dur ; ici point d’ostracisme, les noirs de jais voisinaient avec les bruns et ses riches nuances, les dépigmentés par les années marivaudaient avec quelques cadets en veau velours fringant, la profondeur pourpre ecclésiastique d’un escarpin confessait des cuirs grainés, seuls les crottés en quarantaine se consolaient au contact égoïste, intime d’un embauchoir en hêtre) envahissait, comme une antienne dérisoire, les séances bihebdomadaires sur le divan apaisant de l’analyste concentré ou somnolant, obsessionnellement chaussé sur-mesure d’un cuir venezia.

Antonio Liverano – Tailor

Antonio Liverano was only eleven years old when he left the province of Taranto to embark togheter with his brother Luigi on the adventure of high tailoring in Florence.

The first shop with the name Liverano & Liverano opened in the sixties in Via Panzani, years later the business moved to Piazza Santa Maria Novella. Today it’s an elegant atelier in Via dei Fossi and regular excursions to Japan where Liverano’s work is displayed in its own corner in five large stores between Tokyo and Osaka.

Kenjiro Suzuki – tailleur

Tokyoïte de naissance, parisien d’adoption, Kenjiro Suzuki exerce, avec conviction et enthousiasme, l’art tailleur sur-mesure à la française.

Pour que son propre atelier s’ouvrît en février 2013, entrant ainsi dans la cour des grands, dix années après son arrivée à Paris, il fallait que les terreaux où germent et s’épanouissent les passions rejoignissent les exigences d’une solide formation.

Rembobinons un peu le temps et les petits cailloux nécessaires au parcours de Suzuki San qui témoignent rétrospectivement d’une détermination tendue vers l’accomplissement d’une ambition ; il avait un rêve, il le poursuivait. L’apprentissage du français se superposait à son entrée à l’Académie Internationale de Coupe de Paris, AICP dont la création remonte à 1830, et qui lui apporta le complément technique à une formation liminaire et japonaise plus artistique ; l’idéal du beau demeure vain sans une technique éprouvée. Patiemment, il apprenait les rudiments géométriques de la méthode Vauclair-Darroux. Comme en tous domaines, maîtrise et aisance supposent, immanquablement, reproductions malhabiles d’un geste, exercices assidus, avancées décisives, régressions temporaires et découragement surérogatoire, répétitions innombrables vers un nouveau pallier victorieux : la progression au prix de l’expérience de Sisyphe.