24mm Parabellum by C. Debon

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La photographie actualise la magie d’un moment pur et fixe l’indicible, l’évanescent. Celle de Christophe Debon manie également le sens de la litote ; ses images, signées à la courte focale, le diaphragme béant et fouineur, montrent peu, mais dévoilent beaucoup.

Son art affirme des partis pris stylistiques : une écriture directe, abrupte, sans fioritures, un cadre serré, des noirs profonds aux contrastes vigoureux.

Toutefois, ses images ne sauraient se réduire à une esthétique maitrisée. Photographe d’instant et d’instinct, il badaude dans la ville, braconne au hasard, débuche ses sujets et les dénude, dans leur faiblesse et leur grandeur, sans pudeur ni complaisance.

Parenthèse d’un moment fugace, fragile, le cliché se construit dans la clandestinité de l’urgence. La méditation antérieure s’efface, la ligne de mire tendue rejoint l’espace exact, convoité vers la lumière expressive, alors l’index, avec l’exquise politesse de la bienveillance, déclenche les premières notes de l’alchimie des cristaux sensibles.

Les images qu’il nous donne dans ce livre raniment les rencontres brèves, prolongent les vérités des personnages d’un moment et jouent avec nos sentiments. Les portraits ouvrent sur l’universalité qui révèle un regard sidéré d’être dévoilé en une fraction de seconde, une interrogation suspendue entre vérité et illusion, une intimité percée ou un masque figé…, les blessures de la vie acquièrent droit de cité…

La photographie ne révèle-t-elle pas autant son auteur que son sujet ? Christophe Debon ne s’abrite pas derrière la posture de simple témoin drapé dans une neutralité commode, il ne condamne pas non plus, mais nous questionne sur notre humanité. Il est un œil rare, à la fois rigoureux et généreux.

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Pour suivre le travail de Christophe Debon

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Commentaires

  1. Très beau ce regard vrai sur la realité et l’humanité, regard qui genere beaucoup d’ emotion.
    Il me semble proche au photographe italien Ferdinando Scianna.
    Merci pour ce partage.

  2. Merci Maria, j’aime beaucoup Scianna ! J’étais allé voir son exposition parisienne il y a quelques années…
    Encore félicitation à Amator pour ce beau texte ciselé.