A propos, pourquoi ce blog ?

Cet espace ou plus justement cet interstice minuscule dans la blogosphère témoigne du travail des artisans concourant à l’excellence du vestiaire masculin ; les essentiels : costumes, chemises, cravates et chaussures, mais aussi l’indispensable superflu si cher à l’humour de Voltaire « Le superflu, chose si nécessaire ! ».

L’intention première est de manifester la gratitude légitime à l’endroit des femmes et hommes qui célèbrent les savoir-faire ancestraux, souvent dans l’ombre de la modestie et la rigueur de l’exigence. Quand le trio — main, intelligence et cœur — se met au service de l’ouvrage, le spirituel se rapproche et les objets acquièrent, à ce moment-là, un supplément d’humanité : une âme.

Si les artisans honorent la tradition, ils ne sont point recroquevillés vers un passé édénique, mais fièrement arcbouter vers un futur glorieux. L’entreprise demeure toutefois périlleuse et prend une épaisseur morale, une dimension quasi héroïque.

  • Leur fierté, c’est la création d’objets uniques, rares, beaux ;
  • Leur honneur, la transmission de leur technique et virtuosité dans leurs ateliers.

La visée seconde s’inscrit dans une résistance futile et ambitieuse : résister à l’odieuse uniformisation d’une mondialisation rampante, résister aux cybermarchands du bespoke fallacieux et autres aigrefins sournois, résister à l’excentricité asémantique d’une mode zappeuse, résister à la laideur infâme de l’objet sans esprit, résister à l’illusion ignominieuse des logos tapageurs, résister aux extravagances d’une pseudo modernité.

La résistance s’exprime, hic et nunc, par la mobilisation régulière du clavier ; l’effort du rendez-vous assidu restera, toutefois, soumis à l’ingénuité matoise de l’insurrection pacifique et aux impondérables coutumiers.

Préférablement à la désapprobation ou la vindicte, j’ai choisi la voie de l’admiration et de l’enthousiasme. Pourquoi ne pas miser sur la vérité de l’objet, le respect de la perfection du détail, l’habileté de la main, son talent, son génie ? Pourquoi ne pas revendiquer l’exquise politesse réévaluée à la bourse des valeurs partagées d’une élégance intemporelle faite d’harmonie et d’équilibre ? Pourquoi ne pas désirer une désinvolte rigueur sartoriale ou l’ascétisme radieux de l’élégance ?

Le besoin du beau nous relie au sacré. L’artisanat nous l’enseigne ; qu’il en soit remercié.