Masaru Okuyama – bottier

A pair of shoes is The attire that expresses your seriousness about life.

La radicalité de la sentence, devise programmatique de Masaru Okuyama, comblera toute obsession calcéophile, au risque de précipiter, à nouveau, le perpétuel convalescent vers une compulsion incandescente, une déviance accrue.

Après des études au College of Art de l’université de Tokyo, il suit une voix intime qui le guide vers les secrets du chaussant, pas ceux des nippones geta ou modestes zori, mais ceux de la grande tradition de la botterie occidentale. L’essentiel est dit comme une déclaration : une vie au service du pied et de l’élégance. Il perfectionne son art avec Chihiro Yamaguchi, ce dernier initié à la tradition anglaise, notamment celle de Lobb et Northampton, serait un des seuls, au Japon, à enseigner les arcanes du cousu trépointe entièrement réalisée à la main.

En 2008, il ouvre son propre atelier à Hong Kong et rencontre le succès. Refusant toute compromission avec la qualité, Masaru Okuyama accorde toute son attention aux détails de chaque soulier ; une facture d’exception vers le charme et la grâce.

www.masaruokuyama.com

crédit photos : http://masaruokuyama.tumblr.com/#

La baleine & l’hirondelle

Loin de résoudre l’aporie, la confusion enflait : le cétologue et l’ornithologue se lancèrent dans une controverse sourde. Les repères de la systématique élémentaire s’effondraient, la taxologie vacillait, les convictions s’effritaient. 

Contre toute raison, la baleine toisait l’hirondelle. La première, au pinacle, supplantait la seconde enfouie dans un abîme entrouvert anticipant son envol. Quelle singulière arche unissait un éclectique tandem ! Une pariade improbable eût été moins importune.

En des eaux plus clémentes, l’imposant mammifère s’engouffrerait en apnée dans une plongée abyssale, jubilatoire. Vers une migration africaine, le volatile dévoilerait son ventre blanc en s’élevant vers l’azur. La sérénité des savants serait retrouvée, sans abjection désespérée, sans réquisitoire dévastateur.

La baleine n’était point bleue, mais aussi blanche que la nacre ; affable, elle remplissait son office, insérée dans le gousset idoine du col de popeline, certes céruléen !

Point de suspense et loin de toute conjecture vaine, l’élucidation s’impose. L’hirondelle concentrée et tendue entre les deux pans du même tissu assure, prudente, l’intégrité de votre chère chemise.

Tout est affaire de perspective, de point de vue !

Une chemise pour la rentrée !

Vive la rentrée ! Si, elle concerne, au premier chef, les enfants scolarisés, elle rythme amplement la vie économique, politique, sociale et culturelle de notre pays. Plus que l’exercice quasi obligé des vœux calendaires, elle est l’occasion de renaissance dans un mouvement d’enthousiasme sincère et de régénérescence tonique.

La rentrée croise également le tonneau des Danaïdes des fournitures scolaires et, nous y voilà enfin, après ce prélude inhabile, un rafraichissement voire un renouvellement du trousseau ; et blague à part, comme disait Karl, détaché du revival sartorial, à chacun selon ses besoins…

Toutefois, une chemise de rentrée s’anticipe quelques semaines à l’avance quand elle se souhaite artisanale.

L’attente s’explique par les transformations d’un patron qui tienne mieux compte de quelques modulations d’un corps. Certes de minuscules détails aux yeux du néophyte, mais détails incommensurables pour l’amateur passionné et singulièrement pour l’érudition vétilleuse du virtuose dont la main bienveillante, trace, à la mine de plomb, un nouveau carton. Tout est dans le détail ; celui qui tend vers une forme d’aboutissement exquis, bien avant le tutoiement de la perfection.

Le choix du tissu pourrait être simple, car quoi de plus convenu et inévitable qu’une rayure bleue. Loin de simplifier le choix, le riche catalogue du tisseur italien Bonfanti offre des nuances de largeurs, de teintes qui multiplie les combinaisons et accentue non pas la perplexité, mais exalte la gourmandise.

 

Au tissu somptueux en 90 cm de large, la simplicité comme la sobriété s’imposent pour une chemise à la stricte sprezzatura !

Les vacances estivales atténuant l’épreuve la patience, la livraison se fera lors la proche venue de Mary Frittolini, à Paris, les 14 et 15 septembre prochain.

Pour la contacter : http://lacamiciaconlanima.blogspot.com ou maryfrittolini@libero.it

Richelieu double empeigne by Anthony Delos – bottier

L’aube pointait, les oiseaux chantaient et la commande d’un richelieu double empeigne se confirmait prête à la livraison espérée de longues lunes. La fébrile patience allait être récompensée.

Dans une apesanteur rêveuse et ouatée, l’intimité des méandres de la pensée déroule rétrospectivement l’écheveau fondateur. Simple idée fugitive, lointaine abstraction, l’envie prend les traits d’une esquisse incertaine, flexueuse, miraculeuse une nuit et tristement falote au matin.

Comme Pénélope, le soulier métaphorique tel un puzzle pluridimensionnel, énigmatique, se déconstruit au rythme des hasards ou des nécessités. Le doux tourment calcéophile atteint l’acmé de l’ivresse joyeuse avant de chuter dans le gouffre des sombres incertitudes.

Après mille et trois dessins, l’évidence s’impose : la ligne emprunte au châssis du bolide et à la carlingue furtive. L’impétueux désir n’est encore que virtualité ; Anthony Delos va lui donner un volume, un corps. Hors du despotisme de la mode, le bottier interprète votre convoitise et fait naître la forme qui vous charme.

 

En guise de calandre, un bout carré atténué légèrement muflé, protège les arêtes franches et acérées qui s’étirent en long wing, courbe libertine, à la double couture parallèle qui meure au bloc talon.

La profondeur de la teinte, entre la syrah mure et la framboise écrasée, prolonge l’exquise sensualité du cuir, dans sa livrée glacée de livraison.

 

Le souci maniaque d’Anthony Delos pour les détails assure l’alchimie délicate entre la beauté et la quête de l’excellence. Merci !